À Perpignan, un élagueur qui respecte l'arbre pratique la taille douce plutôt que l'étêtage. La taille douce consiste à couper juste au-dessus d'un tire-sève, une branche vivante qui continue à faire circuler la sève et à nourrir la cime : l'arbre garde sa physiologie intacte et cicatrise proprement. L'étêtage, à l'inverse, coupe à ras au milieu d'une charpentière, sans respecter la structure du houppier. L'arbre, privé d'une partie de sa capacité à se nourrir, réagit en produisant des rejets appelés « gourmands » : des branches fines, mal ancrées, qui poussent vite et cassent tout aussi vite quelques années plus tard. Sur les platanes et les pins qu'on retrouve partout dans le paysage du Roussillon, sous le regard du Canigou en toile de fond, cet effet est particulièrement visible : un arbre étêté redevient dangereux plus vite qu'un arbre correctement taillé. La Société Française d'Arboriculture documente ces bonnes pratiques de taille et alerte régulièrement sur les dégâts causés par l'étêtage. Concrètement, la taille douce, associée à une taille d'éclaircie ou une taille sanitaire ciblée, réduit la fréquence des passages nécessaires et limite le risque de casse dans la durée. Un arbre bien taillé aujourd'hui demande moins d'interventions d'urgence demain, ce qui profite autant à sa santé qu'au budget du propriétaire.